Interview D’un Vétérinaire: Paris et les chiens

20 02 2008

Paris et les chiens – Interview Dr Frantz Cappé Vétérinaire

- Pensez-vous que les chiens sont correctement considérés à Paris ?

Sincèrement, non. Sans vouloir caricaturer, la politique de la ville de Paris envers les chiens se résume à un volume de déjections canines quotidiennes. Il n’existe aucun endroit réservé où les chiens peuvent se dépenser, courir ou s’amuser sans laisse dans notre ville. Les parcs et jardins proposent des allées où les animaux sont obligatoirement tenus.

- Quelles sont les conséquences de la politique répressive du ramassage des déjections canines ?

La première conséquence est certes positive ; les rues sont plus propres. Mais pour une minorité de gens insociables, une majorité de gens en subit les conséquences. Cette loi a pour corollaire des excès de verbalisation sur des personnes « facilement taxables » : pendant une décennie, nous avons éduqués les chiens à faire leurs besoins dans le caniveau. De nombreux propriétaires se sont vus infliger des amendes parce qu’ils ne ramassaient rien dans le caniveau où s’écoule généralement toujours un peu d’eau. Des personnes âgées ont été très choquées de devoir payer des amendes alors qu’elles respectaient les trottoirs.

Les différentes politiques répressives (Loi sur les chiens dangereux, verbalisation des déjections) et surtout le manque d’espaces autorisés pour les animaux, l’absence de canisettes (« toilettes pour chiens », ce sont des petits espaces où les chiens peuvent librement faire leurs besoins), la baisse du pouvoir d’achat (les soins, médicaments et aliments pour animaux sont taxés à 19.6%) ont fait diminuer la population canine de 22.6% entre 2002 et 2006 (nous sommes passés de 190 000 chiens à 147 000)

- Quelles sont les conséquences pour les habitants de Paris ?

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La culture, l’école et l’argent

10 02 2008

La générosité d’une société est à la mesure de sa richesse. Il est normal de rechercher le profit, à condition qu’il soit partagé équitablement, c’est la double responsabilité des politiques. Ce qui est anormal, et destructeur, c’est que l’idéologie du profit domine peu à peu l’école, l’université, la culture, les partis politiques, qu’elle marchandise l’espace public et l’ensemble de la société en écrasant toute autre valeur. Même fascination à gauche et à droite, même vénération des réussites matérielles sans distinction de domaines, cette idéologie s’installe sans complexe partout. Qu’il s’agisse d’art, de littérature ou de sport, l’applaudimètre est réglé sur le chiffre de vente, salaire, nombre d’entrées, records de tirage, disques d’or ou de diamant. Le slogan de la Mairie de Paris pour les Halles, « Hybridation du commerce et de la culture », rivalise avec les slogans publicitaires dans le métro, « Revendez vos cadeaux de Noël », les livres du style « Je n’ai rien fait à l’école et je suis devenu Michel Drucker ». Les modèles diffusés s’imposent insidieusement dès l’enfance comme seuls désirables, souvent des exemples de gains rapides qui doivent peu à l’application, à la connaissance, au respect des règles du jeu, voire même des lois, autant de mots dégradés par trop de discours réactionnaires. L’exploit d’un Kerviel jonglant avec les milliards fait rêver. Les prouesses sportives se gonflent des montants fabuleux qu’elles peuvent rapporter aux vainqueurs. Quand effort ou talent il y a, et il en faut pour devenir un champion, mieux vaut qu’ils soient rentables, la vocation devient secondaire. Jo-Wielfried Tsonga l’explique crûment, il aurait aimé être footballeur mais il a choisi le tennis parce que ça gagne plus.

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